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Équilibre sylvo-cynégétique Réchauffement climatique Sylviculture

3 juin : sortie « Site d’avenir – changement climatique » à Pierre Châtel

Première placette :

Sur la première placette, une plantation de sapins pectinés a été réalisée suite à une coupe d’une parcelle de chênes et de fayards. La particularité de ces sapins est leur provenance : une partie provient de l’Aude, une autre des Pyrénées orientales, et le reste de Corse.

Chaque plant a été géolocalisé et les piquets ont été colorés différemment selon l’origine. Le but est de définir à moyen terme quelles sont les différences entre ces trois provenances, pour essayer de trouver la plus adaptée à notre climat local. Le choix a été fait de ne pas mettre de protections gibier classiques, afin de tester le système de bagues. Celui-ci ne semble pas efficace, donc des grillages individuels vont être ajoutés prochainement.

L’ONF précise que pour planter il faut bien penser à plusieurs éléments : choisir une espèce adaptée (au climat d’aujourd’hui, comme au climat estimé dans 100 ans) et qui est capable de se régénérer sous elle-même. Pour l’instant beaucoup d’incertitudes persistent sur le changement climatique, mais on peut tout-de-même assurer sans trop de doutes que les années seront plus chaudes et que les précipitations seront réparties différemment, marquant un stress prononcé en période de végétation. L’objectif d’une plantation est d’anticiper la nature puisque la migration naturelle est 10 fois plus lente que la progression du changement climatique. En 2100, on estime que c’est l’équivalent de 800 mètres en altitude et 600 km en latitude que le climat aura gagné.

Pour une meilleure résilience, la forêt mosaïque semble être une des options les plus sûres. On peut aussi espérer un rôle clef de la forêt dans la transition écologique avec une augmentation des matériaux bio-sourcés, d’autant plus quand ils proviennent d’une ressource locale.

Deuxième placette :

Un peu plus en amont se trouve une autre trouée qui a été plantée, cette fois non plus avec des sapins pectinés, mais d’autres essences : sapin de Bornmüller, de Céphalie, et Nordmann. La notion d’essence est d’ailleurs discutable, puisque la science a constaté que certaines espèces proches étaient bien capables de s’hybrider. Il serait donc plus approprié de parler de « complexe d’essences » lorsque celles-ci peuvent s’hybrider.

Ces 3 essences viennent de secteurs plus méditerranéens, habitués à subir 3 ou 4 mois sans grandes précipitations. L’inconnue la plus risquée est la résistance aux gelées tardives, qui sont encore fréquentes dans les Alpes. Dans cette parcelle, les protections de gibier ont bien été mises, et l’ONF précise d’ailleurs que leur installation multiplie le coût par 3 ! Nous insistons alors sur l’intérêt de rechercher un équilibre entre la forêt et le gibier, qui permettra à la forêt de se régénérer correctement sans faire appel à des plantations protégées.

L’avantage d’avoir choisi des essences proches est que les cortèges vivants qui les accompagnent sont très similaires eux aussi, évitant ainsi un bouleversement d’un point de vue de la biodiversité, et promettant une intégration réussie aux nouveaux plants. La croissance de ces essences sera alors comparée, mais il se trouve qu’elles sont déjà présentes en France depuis environ 150 ans, et qu’elles montrent des résultats intéressants. L’objectif à long terme est que les sapins les plus adaptés au climat puissent s’hybrider et que, par sélection naturelle, soient favorisés certains traits.

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Plan de relance – Point d’information

Nous voudrions vous communiquer quelques informations importantes concernant le plan de relance et des plantations visant l’adaptation des forêts au réchauffement climatique.

Le plan de relance enclenché par le gouvernement présente un volet « renouvellement forestier » doté d’une enveloppe nationale de 150 millions d’euros, « pour engager le renouvellement forestier dans le contexte du changement climatique, en incitant les propriétaires forestiers à investir pour adapter leurs forêts ou pour améliorer leur contribution à l’atténuation du changement climatique. ».

Le Ministère de l’alimentation et de l’agriculture a ainsi lancé un appel à manifestation d’intérêt (AMI) le 3 décembre auprès d’opérateurs économiques capables de réaliser ces travaux. Pour la forêt publique, ce sont l’ONF et les Communes forestières qui doivent se charger de porter les projets identifiés.

Quelques données sur cet AMI auquel nous répondons conjointement avec l’ONF pour le compte des communes :

  • Concernant le calendrier, fin janvier 2021, le Ministère nous notifiera de la validation de notre groupement de projets, puis les demandes d’aides se réaliseront au fil de l’eau au cours des années 2021 et 2022, et les communes auront jusqu’à 18 mois pour enclencher les travaux ce qui permettra de réaliser les plantations au plus tard jusqu’à la mi-2024.
  • Les peuplements éligibles pour ces travaux se divisent en 3 catégories :
    1) Les peuplements sinistrés par des phénomène biotiques ou abiotiques (souffrant de la sécheresse, ou bien d’attaques de scolytes par exemple) aidés à 80 % ;
    2) Les peuplements vulnérables aux effets du changement climatique (diagnostiqués comme inadaptés à leur station, ou risquant de dépérir à court terme compte tenu des projections climatiques) aidés à 60 % ;
    3) Les peuplements pauvres (à faible valeur économique et à faible capacité de stockage de carbone) aidés à 60 %.
  • En Isère, le recensement effectué cet automne par les agents de l’ONF a permis de répertorier 1250 hectares de forêts communales pouvant être concernés par ce plan de relance. Les peuplements identifiés se répartissent sur 110 communes. Dans la grande majorité des cas, il est prévu de réaliser des plantations par bouquets , au sein de trouées, d’essences plus résistantes au réchauffement climatique.
  • Un travail de recherche a également mené à l’identification d’un certain nombre d’essences qui pourront être proposées pour les plantations, en fonction des conditions locales (exposition, altitude, sol, pluviométrie…).
  • Selon les essences et leurs modalités de mise en culture, il sera possible pour certaines d’entre elles de disposer de plants dès l’automne 2021, tandis que d’autres nécessitant plus de temps pourront être disponible en 2023 ou 2024 seulement.

Ayant conscience de l’opportunité certaine que représente ce plan de relance pour les propriétaires forestiers, et considérant le besoin et l’urgence d’agir pour garantir l’avenir de nos forêts, nous vous incitons vivement à répondre favorablement aux propositions que nous ferons aux 110 communes concernées par notre dépôt de projet à cet AMI. Si toutefois votre forêt communale ne figurait pas parmi la liste des 110 sélectionnées et que vous étiez déterminé à adapter vos forêts, nous vous aiderons à vous rediriger vers d’autres dispositifs d’aides.

Sortie terrain en forêt communale de Quaix-en-Chartreuse afin d’échanger sur le Plan de relance. Présents : COFOR, ONF, Conseil Départemental, Chambre d’agriculture, et les territoires.
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Fiche outil : les aides à destination des collectivités pour la forêt et le bois, en Isère

Nous avons réalisé un travail de prospection auprès des différents financeurs, privés comme publics, pouvant subventionner des projets tenant à la filière forêt-bois. Les différentes aides ont donc été compilées dans ce fichier synthétique, selon ce à quoi elles se réfère avec quelques détails : financeurs, coordonnées pour plus de renseignements, conditions d’éligibilité, taux d’aides, etc.

Vous pouvez trouver cette fiche outil en téléchargement ici.

Bonne lecture, n’hésitez pas à nous solliciter pour plus d’informations ou bien si vous avez besoin d’être accompagnés dans vos démarches !