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Plan de relance – Point d’information

Nous voudrions vous communiquer quelques informations importantes concernant le plan de relance et des plantations visant l’adaptation des forêts au réchauffement climatique.

Le plan de relance enclenché par le gouvernement présente un volet « renouvellement forestier » doté d’une enveloppe nationale de 150 millions d’euros, « pour engager le renouvellement forestier dans le contexte du changement climatique, en incitant les propriétaires forestiers à investir pour adapter leurs forêts ou pour améliorer leur contribution à l’atténuation du changement climatique. ».

Le Ministère de l’alimentation et de l’agriculture a ainsi lancé un appel à manifestation d’intérêt (AMI) le 3 décembre auprès d’opérateurs économiques capables de réaliser ces travaux. Pour la forêt publique, ce sont l’ONF et les Communes forestières qui doivent se charger de porter les projets identifiés.

Quelques données sur cet AMI auquel nous répondons conjointement avec l’ONF pour le compte des communes :

  • Concernant le calendrier, fin janvier 2021, le Ministère nous notifiera de la validation de notre groupement de projets, puis les demandes d’aides se réaliseront au fil de l’eau au cours des années 2021 et 2022, et les communes auront jusqu’à 18 mois pour enclencher les travaux ce qui permettra de réaliser les plantations au plus tard jusqu’à la mi-2024.
  • Les peuplements éligibles pour ces travaux se divisent en 3 catégories :
    1) Les peuplements sinistrés par des phénomène biotiques ou abiotiques (souffrant de la sécheresse, ou bien d’attaques de scolytes par exemple) aidés à 80 % ;
    2) Les peuplements vulnérables aux effets du changement climatique (diagnostiqués comme inadaptés à leur station, ou risquant de dépérir à court terme compte tenu des projections climatiques) aidés à 60 % ;
    3) Les peuplements pauvres (à faible valeur économique et à faible capacité de stockage de carbone) aidés à 60 %.
  • En Isère, le recensement effectué cet automne par les agents de l’ONF a permis de répertorier 1250 hectares de forêts communales pouvant être concernés par ce plan de relance. Les peuplements identifiés se répartissent sur 110 communes. Dans la grande majorité des cas, il est prévu de réaliser des plantations par bouquets , au sein de trouées, d’essences plus résistantes au réchauffement climatique.
  • Un travail de recherche a également mené à l’identification d’un certain nombre d’essences qui pourront être proposées pour les plantations, en fonction des conditions locales (exposition, altitude, sol, pluviométrie…).
  • Selon les essences et leurs modalités de mise en culture, il sera possible pour certaines d’entre elles de disposer de plants dès l’automne 2021, tandis que d’autres nécessitant plus de temps pourront être disponible en 2023 ou 2024 seulement.

Ayant conscience de l’opportunité certaine que représente ce plan de relance pour les propriétaires forestiers, et considérant le besoin et l’urgence d’agir pour garantir l’avenir de nos forêts, nous vous incitons vivement à répondre favorablement aux propositions que nous ferons aux 110 communes concernées par notre dépôt de projet à cet AMI. Si toutefois votre forêt communale ne figurait pas parmi la liste des 110 sélectionnées et que vous étiez déterminé à adapter vos forêts, nous vous aiderons à vous rediriger vers d’autres dispositifs d’aides.

Sortie terrain en forêt communale de Quaix-en-Chartreuse afin d’échanger sur le Plan de relance. Présents : COFOR, ONF, Conseil Départemental, Chambre d’agriculture, et les territoires.
Événements Formations Territoires forestiers

La tournée de formations « Nouveaux élus » 2020-2021 a débuté !

Nous vous l’avions annoncé : l’organisation de 9 formations réparties dans les quatre coins du département. Organisées en étroit partenariat avec les territoires concernés, ces formations sont l’occasion pour vous, élus intéressés par la forêt et le bois, de prendre en main les fondamentaux du monde forestier et de comprendre les grands enjeux et le rôle primordial de l’élu sur la multiplicité de facettes qu’offre la filière-bois.

Que ce soit dans le cadre d’une première élection ou bien une réélection, un début de mandat est souvent l’occasion de refaire un peu de neuf dans nos projets, notre vision des choses et la contribution que l’on veut apporter à la collectivité. C’est pourquoi nous invitons les élus locaux à venir s’interroger sur les différents rôles qu’ils peuvent avoir vis-à-vis de la filière forêt-bois.

Revenons sur les trois premières formations qui ont déjà eu lieu.

Le 13 octobre, à Saint-Pierre-de-Chartreuse, co-organisée avec le PNR de Chartreuse : L’après-midi a débuté avec une sortie terrain sur le marteloscope du Col de Porte. Derrière ce mot bien compliqué de « marteloscope » se cache un outil remarquablement bien construit et très parlant. Il s’agit d’une parcelle gérée par l’ONF, au sein de laquelle chaque arbre est répertorié, numéroté et connu dans ses moindres détails (essence, diamètre, volume, intérêts…). Ces informations sont compilées dans une application sur une interface cartographique très esthétique. Le but de l’exercice est de se mettre dans la peau d’un forestier qui doit marquer une coupe d’éclaircie dans la parcelle, et de choisir quels arbres couper et pour quelles raisons. À la fin, le logiciel analyse les résultats et fait un petit récapitulatif des choix qui ont été faits et de leur pertinence. C’est vraiment en pratiquant que l’on se rend compte de la complexité de la forêt et qu’être forestier ça ne s’improvise pas. Exercice lourd d’enseignements et qui nous amène à prendre conscience d’une multitude d’aspects de la gestion forestière.

La soirée s’est poursuivie à la Mairie de Saint-Pierre pour un déroulé un peu plus théorique, présentant la forêt du territoire, les rôles et responsabilités des élus, le travail de l’ONF de concert avec l’équipe municipale, et enfin l’importance de démarches territoriales telles que les Chartes Forestières de Territoire (CFT). Cette formation a été suivie par 10 élus du massif et ses alentours.

Sortie sur le marteloscope du Col de Porte avec élus et ONF
Formation en salle, le soir, à Saint-Pierre-de-Chartreuse

Le 15 octobre à Brézins et le 20 à Saint-Sorlin-de-Vienne : Ces deux dates, co-organisées avec la CFT Chambaran ainsi que la CFT Bas Dauphiné et Bonnevaux ont suivi le même déroulé. Les sorties sur le terrain, chapeautées par Fibois 38, étaient cependant différentes et il convient de détailler chacune d’elles. La première, qui s’est tenue à Saint-Paul-d’Izeaux, nous a permis de nous rendre sur un futur chantier forestier, où de nombreux enjeux étaient présents. L’exploitant ayant acheté la coupe nous a donc parlé des chemins qui nécessitaient parfois un temps de travail important pour permettre aux engins de passer. L’entreprise étant rémunérée à la quantité de bois récoltée, ce temps annexe non rentabilisé doit être bien géré par l’exploitant. Ensuite, un ruisseau coulant à proximité des parcelles concernées l’empêchait de passer par le chemin le plus court et l’obligeait à faire un détour puisque son franchissement est réglementairement interdit. La problématique de la gestion des chantiers selon la météo est très importante, puisque les frais liés à l’immobilisation ou au transfert des machines sont non négligeables. Enfin, dans un taillis de châtaignier vieillissant, l’aspect sécuritaire pour ses salariés comme pour lui-même doit également être considéré sérieusement.

Visite du futur chantier à Saint-Paul-d’Izeaux

La seconde sortie, qui s’est déroulée à Cour-et-Buis, a été l’occasion de découvrir un chantier en cours, toujours dans du taillis de châtaignier. Ici, l’exploitant a beaucoup insisté sur l’état des chemins qui est la « carte de visite » de l’entreprise. Laisser la voierie en bon état est une chose très importante pour les professionnels comme pour la collectivité. L’intérêt d’être en contact avec les élus locaux est d’ailleurs intéressant puisque cela permet d’avoir des conseils et des recommandations sur la praticabilité des chemins. Une autre thématique a été traitée : celle de la qualité des bois. En effet, certains défauts, comme la roulure du châtaignier, sont invisibles de l’extérieur et la coupe peut parfois perdre de la valeur par rapport à ce qui était prévu. Enfin, il faut aussi préciser que l’exploitant doit mettre au point toute une stratégie pour s’organiser au mieux. Dans ce cas, il a acheté une petite parcelle qui lui sert de place de dépôt, et aussi une autre parcelle qui pourra lui servir d’accès secondaire si jamais le chemin d’accès est trop abîmé par la pluie.

Sortie sur le chantier à Cour-et-Buis, pour l’exploitation d’un taillis de châtaigniers en bois énergie

Les réunions en salle qui ont suivi ces deux sorties ont aussi permis de présenter la forêt sur le territoire nord-isérois, les acteurs de la filière forêt-bois, et en particulier d’aborder quatre thématiques concrètes auxquelles vont être confrontés les correspondants forêts : l’état des chemins, la réglementation, le foncier, et les aides relatives à la forêt et au bois. Ce sont respectivement 20 et 10 élus qui ont assisté à ces après-midi de formation.