Nous vous l’avions annoncé : l’organisation de 9 formations réparties dans les quatre coins du département. Organisées en étroit partenariat avec les territoires concernés, ces formations sont l’occasion pour vous, élus intéressés par la forêt et le bois, de prendre en main les fondamentaux du monde forestier et de comprendre les grands enjeux et le rôle primordial de l’élu sur la multiplicité de facettes qu’offre la filière-bois.

Que ce soit dans le cadre d’une première élection ou bien une réélection, un début de mandat est souvent l’occasion de refaire un peu de neuf dans nos projets, notre vision des choses et la contribution que l’on veut apporter à la collectivité. C’est pourquoi nous invitons les élus locaux à venir s’interroger sur les différents rôles qu’ils peuvent avoir vis-à-vis de la filière forêt-bois.

Revenons sur les trois premières formations qui ont déjà eu lieu.

Le 13 octobre, à Saint-Pierre-de-Chartreuse, co-organisée avec le PNR de Chartreuse : L’après-midi a débuté avec une sortie terrain sur le marteloscope du Col de Porte. Derrière ce mot bien compliqué de « marteloscope » se cache un outil remarquablement bien construit et très parlant. Il s’agit d’une parcelle gérée par l’ONF, au sein de laquelle chaque arbre est répertorié, numéroté et connu dans ses moindres détails (essence, diamètre, volume, intérêts…). Ces informations sont compilées dans une application sur une interface cartographique très esthétique. Le but de l’exercice est de se mettre dans la peau d’un forestier qui doit marquer une coupe d’éclaircie dans la parcelle, et de choisir quels arbres couper et pour quelles raisons. À la fin, le logiciel analyse les résultats et fait un petit récapitulatif des choix qui ont été faits et de leur pertinence. C’est vraiment en pratiquant que l’on se rend compte de la complexité de la forêt et qu’être forestier ça ne s’improvise pas. Exercice lourd d’enseignements et qui nous amène à prendre conscience d’une multitude d’aspects de la gestion forestière.

La soirée s’est poursuivie à la Mairie de Saint-Pierre pour un déroulé un peu plus théorique, présentant la forêt du territoire, les rôles et responsabilités des élus, le travail de l’ONF de concert avec l’équipe municipale, et enfin l’importance de démarches territoriales telles que les Chartes Forestières de Territoire (CFT). Cette formation a été suivie par 10 élus du massif et ses alentours.

Sortie sur le marteloscope du Col de Porte avec élus et ONF
Formation en salle, le soir, à Saint-Pierre-de-Chartreuse

Le 15 octobre à Brézins et le 20 à Saint-Sorlin-de-Vienne : Ces deux dates, co-organisées avec la CFT Chambaran ainsi que la CFT Bas Dauphiné et Bonnevaux ont suivi le même déroulé. Les sorties sur le terrain, chapeautées par Fibois 38, étaient cependant différentes et il convient de détailler chacune d’elles. La première, qui s’est tenue à Saint-Paul-d’Izeaux, nous a permis de nous rendre sur un futur chantier forestier, où de nombreux enjeux étaient présents. L’exploitant ayant acheté la coupe nous a donc parlé des chemins qui nécessitaient parfois un temps de travail important pour permettre aux engins de passer. L’entreprise étant rémunérée à la quantité de bois récoltée, ce temps annexe non rentabilisé doit être bien géré par l’exploitant. Ensuite, un ruisseau coulant à proximité des parcelles concernées l’empêchait de passer par le chemin le plus court et l’obligeait à faire un détour puisque son franchissement est réglementairement interdit. La problématique de la gestion des chantiers selon la météo est très importante, puisque les frais liés à l’immobilisation ou au transfert des machines sont non négligeables. Enfin, dans un taillis de châtaignier vieillissant, l’aspect sécuritaire pour ses salariés comme pour lui-même doit également être considéré sérieusement.

Visite du futur chantier à Saint-Paul-d’Izeaux

La seconde sortie, qui s’est déroulée à Cour-et-Buis, a été l’occasion de découvrir un chantier en cours, toujours dans du taillis de châtaignier. Ici, l’exploitant a beaucoup insisté sur l’état des chemins qui est la « carte de visite » de l’entreprise. Laisser la voierie en bon état est une chose très importante pour les professionnels comme pour la collectivité. L’intérêt d’être en contact avec les élus locaux est d’ailleurs intéressant puisque cela permet d’avoir des conseils et des recommandations sur la praticabilité des chemins. Une autre thématique a été traitée : celle de la qualité des bois. En effet, certains défauts, comme la roulure du châtaignier, sont invisibles de l’extérieur et la coupe peut parfois perdre de la valeur par rapport à ce qui était prévu. Enfin, il faut aussi préciser que l’exploitant doit mettre au point toute une stratégie pour s’organiser au mieux. Dans ce cas, il a acheté une petite parcelle qui lui sert de place de dépôt, et aussi une autre parcelle qui pourra lui servir d’accès secondaire si jamais le chemin d’accès est trop abîmé par la pluie.

Sortie sur le chantier à Cour-et-Buis, pour l’exploitation d’un taillis de châtaigniers en bois énergie

Les réunions en salle qui ont suivi ces deux sorties ont aussi permis de présenter la forêt sur le territoire nord-isérois, les acteurs de la filière forêt-bois, et en particulier d’aborder quatre thématiques concrètes auxquelles vont être confrontés les correspondants forêts : l’état des chemins, la réglementation, le foncier, et les aides relatives à la forêt et au bois. Ce sont respectivement 20 et 10 élus qui ont assisté à ces après-midi de formation.